Shikoku Muchujin

nikosan – Illustrateur Asie Japon Tea

Jin Ya Hong Cha, thé rouge de Chine

15 décembre 2009

Le climat actuel convient parfaitement à la consommation des thés rouges, appelés thés noirs en Occident.
C’est avec beaucoup de plaisir que je déguste à nouveau ces thés, que je réserve habituellement lorsque le temps se refroidit.

Les thés rouges (ou noir) sont les thés les plus consommés sur la planète, provenant principalement de Chine, d’Inde, d’Afrique ou encore de Ceylan. Une fois cueillies, les feuilles sont flétries, afin de les assouplir (en vue d’une future manipulation), puis passent à l’étape du roulage, qui consiste à libérer divers éléments et huiles essentielles qui participeront à la future oxydation des feuilles ainsi qu’aux arômes du thé. Vient ensuite l’oxydation (appelée aussi fermentation) qui est obtenue par humidification des feuilles dans une atmosphère chaude. Enfin, la dernière étape est la dessication, visant à stopper l’oxydation du thé et stabiliser ce dernier en tuant les enzymes responsables de cette oxydation. Voilà sommairement résumé les différentes étapes liées à la fabrication du thé rouge.
Comme les autres familles de thé, les feuilles sont issues de différentes récoltes et sont triées en fonction de ce qu’on souhaite obtenir dans la tasse. On trouve donc sur le marché différentes qualités de thé rouges, à tout les prix…

Je déguste aujourd’hui un Jin Ya Hong Cha de la région de Yunnan en Chine, plus précisément du district de Lin Cang.
C’est un thé d’une qualité exceptionnelle, composé essentiellement de bourgeons et récolté fin mars, début avril 2009. On appelle cette première récolte de printemps « ming qian ».
Les premiers arômes m’évoquent le miel, certains fruits secs comme l’abricot, ou encore le pruneau. C’est surtout une sensation de douceur et d’onctuosité qui envahit mon palais.

J’ai infusé ce thé dans une bonne théière en terre cuite d’environ 40 cl. Je l’ai dosé à environ 4 g. pour 30 cl. sur une infusion de 3 mn. La température est de 85°C.

Ce thé rouge supporte facilement un deuxième passage, avec le même temps d’infusion. Vous pouvez rallonger le temps d’infusion sur ce type de thé. Personnellement, je préfère un goût doux et subtils, mettant en avant ces notes fruitées et sucrées. J’ai testé ensuite ce thé avec les mêmes paramètres en théières en porcelaine d’environ 30 cl. Le résultat est remarquable ! Les impressions onctuseuses et sucrées sont bien plus présentes, tout comme les notes fruitées. Les quelques infimes notes de légumes que je percevais ont disparues.
Ma théière en terre convient mieux à d’autres thés rouges du Yunnan, aux notes plus brutes et plus marquées.

Je me suis également amusé à tester la liqueur dans deux tasses différentes. La différence sur les perceptions aromatiques est flagrante ! Un aperçu en images ci-dessous…
C’est fabuleux de voir comme il est possible de varier les sensations, que ce soit pour le plaisir des yeux ou de la bouche…

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